Facteurs favorisants

Les facteurs ayant favorisé le processus de décentralisation sont d'ordre économique et politique et bien que plus internes, ils sont tributaires des mouvements mondiaux. Ainsi, il convient de rapeller brièvement l'histoire économique et politique du pays et voir le lien entre les facteurs internes et externes.

Le choc pétrolier de 1973 a eu des répercussions graves sur l'économie mondiale et les pays africains seront particulièrement touchés quelques années plus tard. C'est ainsi que vers mi 1980, suite à la chute drastique des cours de matières premières, l'économie camerounaise entre en récession. Le secteur financier camerounais entre également en crise et entraine la banqueroute et fermeture de plusieurs institutions financières. Le pays, en crise, marque un arrêt sur le recrutement de jeunes diplômés à la fonction publique. Le taux de chômage s'élève, et s'accentue par le nombre croissant des diplômés. Le pays est mis sous ajustement structurel sous proposition du FMI. Mise ne retraite anticipé des agents de l'Etat, désengagement de l'Etat du secteur productif deviennent le lot du pays. La récession économique entrainera de grandes tensions internes et des revendications politiques, et aplanira inévitablement les sentiers de la démocratie et du multipartisme. En 1990, le vent de démocratie et du multipartisme souffle sur le Cameroun, comme dans plusieurs pays africains. La même année, la loi sur la liberté d'association est votée par le parlement. Plusieurs partis politiques voient le jour, ainsi que de nombreuses structures de développement. Cinq ans plus tard, c'est-à-dire en 1996, la constitution est révisée et la nouvelle constitution consacre un titre entier à la décentralisation, faisant d'ailleurs du Cameroun un Etat décentralisé et créant deux niveaux de décentralisation : la région et la commune. L'Etat camerounais commencera à s'investir dans le processus de la décentralisation.

Un autre facteur qui a favorisé ce processus de décentralisation est le changement de posture des partenaires au développement étrangers. L'Etat camerounais, dans le cadre des coopérations bénéficiaient des appuis des partenaires étrangers, par l'envoi des Agents de développement du terrain. Ainsi, les services d'agriculture par exemple avaient des animatrices hollandaises dans le cadre du développement communautaire. Vers le début des années 2000, les partenaires techniques changent d'approche. Ils passent de l'Action sur le terrain à l'Appui. On procède dès lors au transfert des compétences techniques. Les communautés et collectivités comprendrons qu'ils doivent prendre leurs destins en main. En 2004, la loi dite d'orientation sur la décentralisation sera votée et depuis lors le Cameroun reçoit plusieurs appuis en faveur de son processus de décentralisation.

 

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